IPv8 : Le Successeur d'IPv6
La pénurie d’adresses IPv4 est un problème connu depuis des années. Pour y pallier, le monde de la tech a poussé vers l’adoption de l’IPv6. Cependant, sa complexité (adresses hexadécimales à rallonge) et ses problèmes de compatibiliter ont considérablement ralenti son déploiement global.
En avril 2026, l’IETF a surpris la communauté en introduisant un nouveau protocole : l’IPv8. Loin d’être une simple mise à jour, c’est un retour au pragmatisme.
Qu’est-ce que l’IPv8 ?
L’idée derrière l’IPv8 est de proposer un système simple, compréhensible par les humains, tout en offrant suffisamment d’adresses pour l’ère de l’Internet des Objets (IoT).
Au lieu d’utiliser de l’hexadécimal complexe comme IPv6 (ex: 2001:0db8:85a3:0000:0000:8a2e:0370:7334), l’IPv8 reprend le système familier de l’IPv4 mais le double en taille. Il est composé de 8 groupes de nombres allant de 0 à 255 [1].
Une adresse IPv8 ressemble donc à ceci :
145.23.0.45.192.168.1.10
Une rétrocompatibilité native avec IPv4
Le coup de génie de l’IPv8 réside dans sa rétrocompatibilité totale avec l’IPv4.
Si vous possédez une adresse IPv4 classique, comme 192.168.5.1, son équivalent en IPv8 consiste simplement à rajouter quatre zéros au début :
0.0.0.0.192.168.5.1
Cette astuce permet de faire communiquer des équipements IPv4 et IPv8 sur le même réseau sans nécessiter des tunnels de conversion complexes (comme le NAT64) qui freinent l’adoption d’IPv6.
Assez d’adresses pour l’avenir ?
L’IPv8 offre un espace d’adressage de 64 bits ($2^{64}$), contre 128 bits pour l’IPv6 ($2^{128}$) et 32 bits pour l’IPv4 ($2^{32}$).
Certes, c’est beaucoup moins que l’infinité quasi-absolue de l’IPv6. Mais avec $18.4$ milliards de milliards d’adresses disponibles, l’IPv8 offre une capacité largement suffisante pour connecter chaque appareil connecté de la planète pour les décennies à venir, tout en conservant la distinction cruciale entre les réseaux locaux (LAN) et internet (WAN) qui avait été floutée par IPv6.
Conclusion
L’IPv8 se positionne comme un compromis pragmatique entre l’urgence d’abandonner l’IPv4 et la lourdeur d’intégration de l’IPv6. Sa simplicité de lecture pour les ingénieurs réseau et sa rétrocompatibilité native pourraient bien en faire le véritable standard du futur de l’internet. Reste à voir à quelle vitesse les équipementiers (Cisco, Juniper, etc.) déploieront le support matériel pour ce nouveau protocole.
Sources
Si vous voulez plus d’information sur l’infrastructure vous pouvez voir l’ repo à ce sujet : https://github.com/ravindrajob/InfraAtHome


